Tarde venientibus ossa*

* “L’Etat est cette grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde” Frédéric Bastiat

 
Minimusso a une oreille bouchée

Sarkozy a vraisemblablement un problème d'audition, il n'entend que d'une oreille, la gauche.

Voici, en italique, un texte tiré du journal Le Monde, j'en commente les âneries:

Sa présence n'est jamais fortuite. Henri Guaino, plume et boîte à idées de Nicolas Sarkozy était, samedi 5 septembre, l'invité du campus de l'UMP qui se tient à Seignosse dans les Landes. Pendant près d'une heure, à l'occasion d'un "chat" sur le thème "capitalisme une crise pour rien ?" M. Guaino a fait le procès du capitalisme financier, du dogme absolu du marché, du libre échangisme, du libéralisme et de "la loi de la jungle, où ceux qui doivent crever, crèvent". "C'est un système qui n'a plus d'ancrage moral. Ce n'est plus possible, ni tolérable" s'est insurgé le conseiller du président de la République.

Tout d'abord, un conseiller, c'est censé... conseiller. Se faire discret et faire bien comprendre aux politiques les conséquences de leurs actes et de leurs discours. M Guaino, lui, se substitue au politique. Il sort de son rôle.
Il fait de la politique en nous ressortant les poncifs les plus éculés sur le capitalisme et le libéralisme. A ce compte, même les discours d'Arlette en deviennent modernes et innovants.
Les libéraux se fichent du marché comme d'une guigne. Ce qui les intéresse, c'est le Droit. C'est le respect de celui-ci qui permet l'échange et c'est la multitude des échanges qui constitue le marché. Le marché est une conséquence du droit de l'individu. Il n'y a donc pas de "dogme du marché" mais un attachement viscéral au Droit. Ce qui ne semble pas être le cas de m. Guaino qui, visiblement, s'assoit dessus.

M Guaino, le marché n'est pas la "loi de la jungle", ce n'est qu'un lieu d'échanges volontaires. La loi de la jungle, c'est la votre, celle du plus fort, c'est à dire celle de l'élu qui impose ses vues, sa morale à autrui.
Le marché n'est pas un être en soi, il résulte de décisions d'une multitude d'individus. Fausser le marché par une décision étatique (au nom d'une fiction telle que le juste prix) revient toujours à léser certaines personnes au profit d'autres. Certes, nous crevons, m. Guaino mais pas à cause de cette Liberté que vous exécrez. Nous crevons de votre irresponsabilité et de votre incompétence.

Il a réservé ses flèches aux traders "qui ne produisent pas grand chose et qui s'enrichissent sur l'intelligence des autres, c'est-à dire des entrepreneurs".

Le boulot d'un trader permet d'ajuster le prix des sociétés côtées; une entreprise surévaluée se verra rabaissée et inversement. Un trader est par conséquent un régulateur. En outre, un trader permet aux entreprises de se financer, de lever des fonds, son rôle est donc essentiel au fonctionnement du marché.

"Il y a là une forme de racket" a-t-il dénoncé.

Phrase absolument fabuleuse de la part d'un Homme de l'Etat qui ne vit que de racket.

Pour le conseiller de l'Elysée, la gravité de la crise bancaire et financière a "ouvert des failles dans l'opinion publique qui ne se refermeront pas". "L'indécence, a-t-il assuré, ne sera plus supportée car elle n'est plus supportable". Mais il a aussi stigmatisé les libéraux qui refusent de voir dans la crise une crise du capitalisme.

Il ne peut pas y avoir une crise du capitalisme. Cela n'a aucun sens. C'est comme de dire qu'il faudrait interdire ou moraliser un marteau car il y a une crise du marteau. Le capitalisme est un outil. Le capitalisme, c'est le fait de mettre volontairement dans un pot commun ses économies dans un but commun, en général, faire du profit. Il n'y a là rien d'immoral, bien au contraire. M. Guaino refuse de voir que la crise résulte de mauvaises décisions politiques. Son entêtement nous conduit tout droit dans le mur.

"Il faut en finir avec la langue de bois, s'est emporté M. Guaino. Il ne s'agit pas d'un débat entre libéraux et anti-libéraux. Nous n'avons pas assisté à une crise des subprimes, c'est l'ensemble du système qui s'est déréglé. Il faut arrêter d'avoir une vision anecdotique de la crise financière".

Mais si, il s'agit bien d'une opposition frontale entre libéraux et anti-libéraux. Et ce ne sont pas les libéraux qui génèrent une dette monstrueuse et qui font les poches de leurs concitoyens sous une pluie de taxes nouvelles.

Henri Guaino a paru douter de l'efficacité des mesures envisagées pour contrôler le bonus des traders. "Ce n'est jamais le type qui fait l'erreur qui paye. Même en instaurant un bonus-malus, celui qui fait la faute gardera l'argent qu'il a gagné avant." Pour M. Guaino, la crise que vient de traverser le monde est la conséquence d'une "perversion du capitalisme qui résulte de choix politiques et idéologiques parfaitement assumés à la fin des années 70". Face au capitalisme financier, M. Guaino défend le capitalisme des entrepreneurs. "Que Bill Gates ai gagné une fortune n'est pas un problème, car il n'a cessé de créer des valeurs pour tout le monde. Alors que les sommes gagnées par les traders ne sont justifiées par rien". La solution ? M. Guaino a esquissé, sans le nommer, le principe d'une taxe carbone à la frontière. "L'Europe ne défend pas assez ses entreprises", a-t-il conclu. Article de Sophie Landrin

Concernant la taxe carbone, je vous invite à lire ce billet

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Commentaires
1.   options binaires  ›  samedi 29 octobre 2011 à 18:15

Ou il n'entend que ce qu'il veut bien entendre :-)

 
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